As Salam Aleykoum Wa RahmatouLlah,

Aujourd’hui nous allons parler d’un pilier fondamental de l’Islam qu’est la Zakât Al Maal. Avant d’en donner une définition et expliquer les règles, il est important de comprendre l’esprit de la Zakât.

La sagesse derrière la Zakât.

Allah subḥānahu wa ta'āla (glorified and exalted be He) Sait parfaitement, et nous le voyons depuis toujours, que les êtres humains n’auront pas les mêmes occasions, les mêmes possibilités et les mêmes moyens d’acquérir de quoi vivre dans la vie de tous les jours.

De ce fait, dans les sociétés quelles qu’elles soient, et malgré les bonnes volontés de chacun, il y aura des écarts et des inégalités sociales. Allah subḥānahu wa ta'āla (glorified and exalted be He) a prévu à travers le Coran un moyen de réduire ces inégalités.

En effet, le Coran n’est pas un message qui tend à relier l’être humain à son Créateur et abandonnant les personnes chacun à leur sort. Mais il tend également à relier les personnes entre eux et à se purifier, via la Zakât. C’est pour cela d’ailleurs que l’association de la Sâlat et de la Zakât est répétée dans le Coran une trentaine de fois. Ces deux éléments de l’adoration d’Allah sont indissociables, de ce fait, celui qui ne paie pas la Zakât est considéré également comme ne faisant pas la prière.

La Zakât a été explicitement prescrite environ une quinzaine d’année après le début de l’Islam, c’est-a-dire à Médine, deux ans après l’arrivée du Messager d’Allah ṣallallāhu 'alayhi wa sallam (peace and blessings of Allāh be upon him) et de la communauté musulmane. Mais l’esprit d’entraide et de générosité a déjà été révélé dès le début de la révélation.

On peut donner pour exemple la sourate 107 Al- Maa’oun, où Allah subḥānahu wa ta'āla (glorified and exalted be He) assimile l’attitude d’indifférence vis-à-vis des besoins des personnes, à une attitude de rejet de la foi en Allah et du Jour du jugement.

On peut également citer un hadith de Sahl Ibn Sa’d raḍyAllāhu 'anhu (may Allāh be pleased with him) rapporté par At-Tabarani, où le Messager d’Allah ṣallallāhu 'alayhi wa sallam (peace and blessings of Allāh be upon him) dit : « Certes Allah est généreux et il aime la générosité. Il aime les bons comportements et il déteste ceux qui sont vils ».

À qui doit-on la verser ?

Dans le verset 60 de la sourate 9 At-Tawbah, Allah subḥānahu wa ta'āla (glorified and exalted be He) énumère 8 catégories de personnes qui doivent bénéficier de la Zakât. Ces 8 catégories couvrent tous ceux qui sont les nécessiteux classiques, c’est-à-dire ceux qui sont dans le besoin, quelque soit la forme du besoin.

La Zakât est donc destinée aux pauvres, aux indigents, aux personnes qui travaillent pour la collecte et la distribution de la Zakât, aux personnes dont les cœurs sont à gagner à l’Islam, à l’affranchissement des esclaves (même si l’esclavage n’existe plus à notre époque, la Zakât peut toujours être versée pour libérer les prisonniers de guerre musulmans si l’on suit l’avis de l’école Hanbalite. De la même façon, il est aussi possible de la verser pour aider les peuples et les nations colonisés pour les libérer), aux personnes étant lourdement endettées, aux voyageurs en détresse, et dans le sentier d’Allah (on entend par là toutes actions qui pourront contribuer de près ou de loin à promouvoir l’Islam et à diffuser son message). 

À l’époque du calife omeyyade Umar ibn Abd-Al-Aziz raḍyAllāhu 'anhu (may Allāh be pleased with him), qu’on surnommait le 5ème calife bien guidé (un des arrières-petits-fils de Umar Ibn Al-Khattab raḍyAllāhu 'anhu (may Allāh be pleased with him)), le gouverneur de l’actuelle Tunisie avait envoyé une lettre expliquant que la Zakât avait été collectée, qu’elle avait été distribuée, et qu’il ne voyait plus de catégories dans le besoin. Il interrogea la calife sur la question du surplus de Zakât.

Le calife lui répondit de lancer des appels afin de voir ceux qui sont en âge de se marier et qui n’en ont pas les moyens, afin de prendre en charge l’organisation de leur mariage. C’est dire à quelle point la Zakât est un moyen qui sert à couvrir tous les besoins qui peuvent apparaître dans la vie d’un musulman ou d’une musulmane. Ces moyens couvrent les besoins pour l’intérêt individuel et non l’intérêt collectif (comme la construction d’une route).

Sa gestion de l’application de la Zakât était telle qu’à la fin de son règne, il n’y avait pratiquement plus de pauvre à qui la verser.

Une composante principale du système financier islamique.

La Zakât est un point centrale du système économique islamique qui ne pourrait pas atteindre entièrement ses objectifs tels que stipulés par le Coran et la Sunna.

Par ailleurs, la Zakât constitue la source même d’un système financier islamique, et devrait-être une alternative au système financier conventionnel qui se base essentiellement sur des pratiques et des transactions usurières, par la devise basée sur la dette.

Saviez-vous qu’étymologiquement, les mots « Zakât » et « Riba » ont des sens très proches ? Le premier dérive du verbe arabe « Zakâ » alors que le second provient du verbe « Raba ». Ces deux verbes ont pour signification commune « s’accroître » et « s’agrandir« . Dans la pratique, ces deux concepts de croissance se font dans le sens opposé (accroissement de la richesse pour la Zakât et accroissement de la dette pour le Riba).

Si la Zakât se définit comme un impôt/un droit du pauvre prélevé sur des biens ayant atteints un seuil légal et ayant été conservés pendant une année lunaire, le Riba correspond à tout surplus monétaire perçu dans le cadre d’un prêt ou d’une transaction commerciale sans contrepartie réelle.

Dans le verset 39 de la sourate 30 Ar-Rum et le verset 276 de la sourate 2 Al Baqarah, Allah subḥānahu wa ta'āla (glorified and exalted be He) établit une comparaison entre les deux concepts en mettant en valeur la Zakât alors qu’Il maudit le Riba :

« Tout ce que vous donnerez à usure pour augmenter vos biens au dépens des biens d’autrui ne les accroît pas auprès de Dieu, mais ce que vous donnez comme Zakât, tout en cherchant la Face de Dieu (Sa satisfaction)… Ceux-là verront [leurs récompenses] multipliées ». 

« Dieu anéantit l’intérêt usuraire et fait fructifier les aumônes. Et Dieu n’aime pas le mécréant pécheur ».

Comment est-elle calculée ?

La Zakât étant un droit du pauvre sur les biens ayant atteint le seuil légal, il existe plusieurs assiettes sur lesquelles la Zakât est calculée. On peut distinguer la Zakât sur Capital, qui comporte la Zakât sur le bétail, sur l’or et l’argent, sur la devise fiduciaire, sur les « titres » financiers, sur la dette, et sur les biens de commerce.

Concernant les bijoux, la majorité des savants sont d’avis que s’ils sont destinés à la parure des femmes, mais sans exagération dans leur quantité, ils ne seront pas soumis à la Zakât. L’exagération dans leur quantité les assujettit à la Zakât, car ils seront considérés comme une épargne pour les jours difficiles.

La Zakât des revenus, qui comporte la Zakât sur la production agricole, la Zakât sur les revenus des locaux exploités, la Zakât sur les profits industriels et commerciaux et la Zakât sur les revenus professionnels.

Enfin, il y a la Zakât sur les mines, et la Zakât des extractions maritimes.

Dans la verset 34 de la sourate 9 At-Tawbah Allah subḥānahu wa ta'āla (glorified and exalted be He) Dit : «Ceux qui thésaurisent l’or et l’argent et ne les dépensent pas dans la voie de Dieu, annonce-leur un châtiment douloureux».

La Zakât doit être versée à partir du moment où on possède un minimum qui est soumis à la Zakât, qu’on appelle le nissab (ou quorum en français). Il y a le nissab de l’or qui correspond à 20 mithqals d’or (unité de mesure de l’époque donc avant le gramme) ou 20 Dinars (le Dinar étant une pièce d’or de 1 mithqal), et le nissab d’argent qui correspond à 200 Dirhams (le Dirham étant une pièce d’argent).

Ils sont estimés aujourd’hui à environ 85 grammes d’or ou environ 595 grammes d’argent pour l’école hanafite (vous verrez dans un autre article qu’il y a eu plusieurs nissab traditionnellement et que les 85 grammes d’or ou 595 grammes d’argent ne sont qu’une estimation).

Il suffit que chaque année, la personne qui compte régler la Zakât recherche le cours du gramme d’or ou de celui de l’argent (pour ceux suivant l’école hanafite) dans la devise de son pays à la date à laquelle la Zakât doit être réglée. Si la personne se base sur l’année hégirienne, le taux d’imposition sera de 2.5% de ses avoirs. A l’inverse, sur l’année solaire (les savants ont émis une fatwa l’autorisant) le taux doit être calculé au prorata afin de prendre en considération la différence d’environ 11 jours par rapport à l’année hégirienne, qui est de 2.578% au lieu de 2.5% (365j solaire/354j lunaire x 2.5).

Et vous ? Plutôt calendrier hégirien ou grégorien ? Dites-moi en commentaires !

 

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